La théorie polyvagale, un outil pour l’intervention et les relations d’aide

17 mars 2025

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Les camps été à l'Université de Moncton

Connaissez-vous la théorie polyvagale? Celle-ci permet de comprendre le système nerveux autonome pour désamorcer la charge émotive et s’avère efficace dans les interventions dans le domaine de la santé et les relations d’aide. Vous pouvez découvrir cette théorie dans certaines formations offertes dans le cadre du Portfolio en santé mentale, dépendance et itinérance de la Formation continue de l’Université de Moncton.

Pour la connexion et la sécurité

La formatrice, Christine Koessling, se spécialise en communication non violente et elle est aussi formée à l’approche du Dr Stephen Porges sur la théorie polyvagale. « Dans le fond, deux mots peuvent décrire la théorie polyvagale : la connexion et la sécurité. Notre système nerveux autonome s’assure de notre survie à chaque moment et nous informe constamment si nous sommes en sécurité ou en danger. Dès que quelque chose m’indique un danger ou une menace, que ce soit un commentaire de quelqu’un ou juste un regard, mon corps va capter cette information très rapidement, à travers la neuroception, qui agit sous la conscience. C’est mon intuition, ce pressentiment. Le langage du système nerveux explique pourquoi je ne me sens pas bien quand je suis dans certaines situations », résume-t-elle.

Un peu comme les bâillements se propagent à travers un groupe de personnes, les réactions issues du système nerveux autonome se transmettent facilement d’une personne à l’autre. « Si je suis dans une relation d’aide et que j’envoie des signaux de danger parce que je suis stressée, il est possible que j’amène de l’insécurité chez l’autre. Cette personne se mettra en mode protection et ceci cause des nœuds dans l’intervention », avance-t-elle.

La théorie polyvagale permet donc une meilleure compréhension de son système nerveux autonome et celui des autres pour identifier ce qui sort les gens de leur état de sécurité. Mme Koessling cite l’exemple d’une personne dans le domaine de la santé qui se retrouve en état de stress élevé pour des raisons personnelles. Les signaux de son système nerveux autonome se transmettront à celui de la personne à qui elle doit prodiguer des soins qui réagira inconsciemment pour refléter la charge émotive de l’autre.

Un point de départ pour les relations d’aide

Comprendre l’effet de ces réactions involontaires chez soi et chez l’autre se retrouve ainsi à la base de cette approche fondée sur la théorie polyvagale. « Pour moi, c’est vraiment la première marche ou le point de départ pour toutes les formes de relation d’aide. Imaginez quand vous êtes en sécurité. Vous allez oser vous dévoiler, parler et avoir des conversations courageuses. Vous allez vous mobiliser et faire confiance à la vie. La résilience s’installe. Quand on a de la confiance à l’intérieur de soi, quand on a de la sécurité, tout est possible », avance-t-elle.

Christine Koessling explique donc dans ses formations comment identifier ce qui sort une personne de ce sentiment de sécurité. Repérer les signes de dérégulation chez soi-même et chez l’autre permet ensuite de développer des outils pour retrouver le bien-être et créer un sentiment de sécurité et de collaboration. « Si une personne a beaucoup de charges émotives, on ne veut pas les amplifier, on veut les diminuer. Il faut comprendre ce qui amplifie pour pouvoir diminuer la charge. Parfois, juste le fait de dire non à quelqu’un va activer tout de suite son mode de survie. Donc, il faut passer par un autre chemin », ajoute-t-elle.

Cette formatrice certifiée en communication non violente s’appuie donc souvent sur la théorie polyvagale pour amener un sentiment de sécurité lors de ses interventions. Dans certains cas, la simple prise de conscience de ces réactions émotives instinctives du système nerveux autonome peut contribuer à la mobilisation. « Personne n’aime vivre dans une relation malsaine, mais ça peut expliquer un peu pourquoi je reste là. Comprendre ce qui se passe dans mon système nerveux autonome amène un certain sentiment de détente. Maintenant que je comprends pourquoi, ça me permet de me mobiliser pour aspirer à autre chose », avance-t-elle.

Un outil pour toutes les personnes

Cette prise de conscience s’avère tout aussi utile aux niveaux personnels et professionnels des personnes qui œuvrent dans le domaine de la santé. Celles-ci œuvrent auprès de gens dans une foule de situations, que ce soient des cas de maladie mentale, de violence, d’itinérance, de dépendance ou autres. « Ces situations nous impactent et elles viennent nous toucher. Il faut en prendre conscience et revenir dans notre espace de sécurité à nous. Sinon, cela peut être très énergivore. Il faut s’occuper de soi d’abord pour pouvoir prendre soin des autres. J’aborde cela dans mes formations pour aider à ne pas sentir la fatigue ou l’épuisement », souligne-t-elle.

Ses classes comprennent donc plusieurs exercices pratiques pour cartographier son propre système nerveux autonome pour mieux en explorer les nuances et subtilités, en plus d’identifier les signes de dérégulation et de régulation chez soi et chez l’autre. « Ce sont des outils simples, mais qui vont avoir un impact sur la personne pour qu’elle puisse se calmer ou se mobiliser et revenir dans la sécurité et la confiance », conclut-elle.

Envie d'approfondir la théorie polyvagale?

Découvrez comment cette approche peut transformer votre compréhension du système nerveux et améliorer vos interventions dans les relations d’aide. Rejoignez notre formation Comprendre le système nerveux pour désamorcer la charge émotive (théorie polyvagale) et développez des outils concrets pour favoriser sécurité et collaboration. Explorez également les formations et webinaires du Portfolio en santé mentale, dépendance et itinérance de la Formation continue de l’Université de Moncton.

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